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Meurtre à la campagne (2e partie)

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Les gendarmes de Rochefort ont retrouvé Hazeau et ont vérifié son emploi du temps. Ils sont formels ; ce n’est pas lui ! Maintenant, tentons de retrouver Fontaine ! Pour cela, son signalement est transmis dans les brigades de La Rochelle, Fontenay le Comte, Niort, Cognac, Courçon, Nuaillé, Châteauneuf. Le commissaire divisionnaire nous apprend que Fontaine est un repris de justice qui a été notamment arrêté en 1927 à Pau, sous le nom de “Mazeau”.

AD 17 - 2U3/3238 - Casier judiciaire de Pierre Fontaine
AD 17 - 2U3/3238 - Casier judiciaire de Pierre Fontaine

De son côté, le gendarme Déraze présente le signalement de Fontaine à tous les hôtels des environs et chez toutes les personnes susceptibles de louer des chambres.

Monsieur Turpin, le gérant de l’hôtel de la Croix Blanche à Surgères, indique :

“Le 3 novembre 1935, un homme qui s’est fait inscrire sur mon registre sous le nom de Mazeau Paul, s’est présenté dans mon hôtel et a demandé une chambre. Il est resté jusqu’au 23 novembre. Il se disait représentant de commerce […]. Il est revenu le 2 février et est reparti le 12 sans régler […]. Il s’est inscrit à nouveau sous le nom de Mazeau.

Il m’a dit qu’il avait un gendre à Niort, Monsieur Gachignard, gros marchand de primeurs. […] La première fois qu’il a logé chez moi, il avait une bicyclette. La seconde fois, il n’avait aucun moyen de locomotion. Il correspond au signalement suivant : taille 1m70 au moins, légèrement voûté, entièrement rasé, cheveux grisonnants, teint brun, figure osseuse, à l’index gauche amputé, vêtu d’un pantalon noir à rayures grises, d’un paletot de cuir fauve, coiffé d’une casquette de cuir de même couleur, était porteur d’un cache nez de laine tricotée grise […].

Camille Rault, un gendarme à la retraite, a vu Fontaine au café Français, à Surgères. Il témoigne :

” […] Le jeudi 14 février 1936, à 17h40, Fontaine se trouvait dans cet établissement ; il jouait à la belote. Il a cessé de jouer, prétextant qu’il avait un rendez-vous avec une femme, sans préciser.

[…] Le 14, il jouait avec le patron du café, Monsieur Castanet, Rambaud, musicien à Surgères, et Rousseau, qui travaille à l’entreprise industrielle, à Surgères.

J’ai demandé à cet homme qui il était et ce qu’il faisait. Il m’a répondu : “je représente une maison de Bretagne. Je vends des pommes de terre pour la consommation. J’en ai vendu un wagon dans les communes des environs de Surgères. J’attends ce wagon, pour livrer la marchandise à mes clients. Je m’en vais, car on ne doit pas faire attendre une femme.”

Ce même homme a séjourné à Surgères dans le courant du mois d’octobre et novembre. Il circulait à bicyclette. Le 14 février, il était vêtu d’un veston de cuir et d’un cache nez gris à carreaux. Je n’ai pas revu Fontaine depuis le 14 février 1936.

[…] il a l’index de la main gauche coupé entièrement. Il porte également une trace de brûlure sur la main gauche.”

Le cache nez décrit est de même couleur que celui retrouvé à moitié brûlé dans la cheminée de Madame Guilbot… Avec la mobilisation des brigades de gendarmerie de la région, les témoignages se succèdent, suite au signalement : Il a été vu à la Rochelle, à la gare de Saintes, dans la région sud de Bordeaux et sa banlieue… Petit à petit, ils retracent son parcours.

En parallèle, les gendarmes comparent les empreintes retrouvées chez Madame Guilbot et les empreintes de Fontaine, confiées par l’identité judiciaire, suite à son arrestation en 1927 :

Ce sont bien les empreintes de Fontaine !

Le coupable semble identifié !

Extrait de presse :
Extrait de presse : “Le Petit Parisien” – 20/02/1936

Le 25 février 1936, soit 10 jours après les faits, la brigade de Bordeaux est contacté : Une personne correspondant au signalement vient d’être aperçu sur le chemin allant du Pont de la Maye à Montjous, à Villenave-d’Ornon. Aussitôt, les gendarmes se rendent sur place. Fontaine est là ! Le gendarme Duret le tient en joue avec son revolver. Il est en état d’arrestation. En le fouillant, on retrouve deux couteaux de poche, une paire de ciseaux et des papiers.

 

 

 

Source :

– Photo Café Français de Surgères :

https://www.sudouest.fr/2013/02/19/le-cafe-francais-d-hier-a-aujourd-hui-970935-713.php

Coralie Verdier

Coralie Verdier

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